Hasselblad SWC/M

Un rêve d'appareil photo

Dans ma quête du moyen-format argentique idéal, j’ai pu tester différents formats et systèmes : le télémétrique 6×9 avec le Fuji GSW690II, le tank 6×7 avec le Mamiya RB67 et le sténopé 6×6 avec le Zero2000 de Zero Image. Pourtant, aucun de ces appareils ne m’a procuré autant de plaisir à photographier que le Hasselblad SWC/M. Après quelques mois d’utilisation, il est temps de rédiger un article complet sur ce boitier unique.

La gamme SWC de Hasselblad a vu le jour en 1954. Ses initiales signifient « Super Wide Camera », soit appareil photo à objectif très grand angle. Il s’agit d’un moyen-format au format 6×6 à dos interchangeable mais à objectif fixe. Et quel objectif : le Zeiss Biogon 38mm F/4.5 est tout simplement légendaire, sa formule optique ayant très peu évoluée au cours des années (un traitement multicouche apparaît en 1973… ).

Ce Biogon équivaut à un 21mm en format 135, soit nos plein-formats actuels. Il s’agit de la focale la plus courte dans ce format, toute marque confondue. Son tirage est si réduit qu’il a été impossible d’intégrer un miroir entre la sortie de l’objectif et la surface de la pellicule. La visée se fait donc grâce à un viseur externe très bien conçu, mais nous y reviendrons.

Vue de la lentille de sortie du Zeiss Biogon 38mm F/4.5 du moyen-format argentique Hasselblad SWC/M.
Lentille de sortie du Biogon 38mm F/4.5

Pour tout savoir sur l’historique des différentes versions du SWC, je vous recommande de lire l’article détaillé de Ken Rockwell (en anglais). Me concernant, j’ai eu la chance de trouver à bon prix un Hasselblad SWC/M de 1987, de même formule optique que le 903 SWC et intégrant un niveau à bulles sur le corps du boitier en plus de celui présent sur le viseur.

Une ergonomie minimale mais optimale

Faire le choix du Hasselblad SWC/M, c’est refuser le moindre automatisme. Aucune électronique ne vient faciliter les réglages de prise de vue, si bien qu’il faudra vous armer de rigueur et de patience pour réaliser vos premières photos. Le Biogon 38mm F/4.5 dispose d’un obturateur central : la vitesse de déclenchement se règle via une bague crantée, à côté de laquelle se trouve la bague de diaphragme. Un interrupteur permet de synchroniser la rotation des deux bagues, assurant de conserver un couple vitesse / ouverture équivalent et donc l’exposition de la pellicule.

Molette de synchronisation ouverture et vitesse de l'objectif Biogon 38mm F/4.5 du moyen-format argentique Hasselblad SWC/M.
Molette de synchronisation des bagues de diaph et de vitesse.

En parlant d’exposition, le Hasselblad SWC/M ne dispose pas non plus d’une cellule de mesure. Il faudra vous munir d’une cellule à main pour mesurer l’exposition de la scène que vous souhaitez photographier. Le déclencheur situé sur le dessus de l’appareil dispose des modes B et T pour les poses longues. Il permet aussi de visser un déclencheur souple.

Enfin, la composition se fait à l’aide d’un viseur externe centré sur l’axe optique. Les versions les plus récentes intègrent un niveau à bulle sur le dessus de celui-ci. Par un système de miroir oblique, ce niveau est projeté dans le viseur et assure de cadrer droit. A l’utilisation, tous ces petits détails sont extrêmement plaisants et offrent un vrai confort. Sa compacité lui confère en outre une bonne prise en main.

Comparatif des dimensions entre un Hasselblad SWC/M et un Canon 5D mark IV.
Comparaison des dimensions du Hasselblad face à un Canon 5DIV équipé du 16-35 F/4 IS.

Pour faciliter la composition, il est possible de fixer un adaptateur de dépoli (réf. 41025) à la place du dos 120. Combiné à un prisme de visé, il vous permet d’observer la scène à photographier à travers l’objectif, et donc de cadrer avec le maximum de précision.

Une qualité optique stratosphérique

Je ne suis pas adepte des superlatifs, mais dans le cas du Hasselblad SWC/M, je ne peux y déroger : la qualité d’image offerte par le Biogon 38mm F/4.5 est tout simplement phénoménale. Aucune distorsion, aucun vignettage même à pleine ouverture, un piqué superlatif sur l’ensemble de l’image et une diffraction imperceptible même à F/22. Cet objectif est un rêve de photographe de paysage et d’architecture. En se réglant à F/16 à l’hyperfocale, tous les plans de l’image sont nets de 0,8m à l’infini.

La preuve par l’exemple

Mon Hasselblad SWC/M a peu à peu remplacé mon Canon 5D Mark IV pour la photographie d’architecture et de paysage. Je conserve ce dernier pour des travaux professionnels en conditions difficiles et pour la photographie en ultraviolet, mais le rendu du moyen-format 6×6 reste incomparable. Vous trouverez ci-dessous des exemples de clichés que j’ai réalisés ces derniers mois :

Pour aller plus loin

A travers mon savoir-faire dans le domaine de la photographie de paysage, associé à ma maitrise de la technique de photographie en infrarouge, je m’inscris comme photographe spécialiste de l’illustration du patrimoine naturel et végétal. Découvrez les offres associées en cliquant sur le lien ci-dessous :

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9 réponses

    1. Bonjour, oui j’utilise soit le système NISI de filtres carrés soit les filtres ND vissant de Kolari Vision. Dans les deux cas j’utilise une bague de conversion B60 vers 67mm pour pouvoir visser le porte-filtre ou les filtres circulaires.

  1. Bonjour. Bravo pour vos photographies et votre site. Ça me donne envie de sortir mon SWC, très peu utilisé depuis son achat, et de m’éclater. Cordialement. Martin Grossi

  2. Merci encore Pierre-Louis. C’est un plaisir d’échanger avec vous. Pour la petite histoire j’ai crée mon site hier avec une énorme facilité face à Portfolio Box. Les photos qui apparaissent ont été toutes prises avec mon Yashica D qui est aussi un très bon appareil. J’ai aussi un RB67 qui est sympa mais un peu plus lourd pour la promenade. Cordialement. Martin

  3. Bonjour Pierre-Louis et merci pour votre commentaire. Les photographies prises avec mon SWC la semaine dernière sont plutôt réussies. Des problèmes toujours avec l’horizon. La bulle de l’appareil me semble déréglée, car j’ai fait hyper attention. Néanmoins, souvent ratées. Au niveau archi, le parallaxe (je crois que ce comme ça que ça se dis) me pose de problèmes. Si les formes de la construction est plutôt folles (fondation Louis Vuitton par exemple) alors là, l’appareil est au top. Bon WE.

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