Mon équipement idéal

feat. Canon, Kolari & Takumar

Je pratique la photographie infrarouge numérique depuis 2012. Au cours des années, je n’ai cessé d’expérimenter et de perfectionner ma technique, tant au niveau du matériel utilisé que du flux de post-traitement suivi. Après avoir testé de nombreux modèles de boitiers et d’objectifs, je vous présente ma configuration d’équipement idéal pour pratiquer la photographie infrarouge dans les meilleures conditions.

Note : j’ai omis de retirer le filtre IR et le capuchon de mon 16-35 F/4 IS pour les comparatifs de dimensions, cet ajout de quelques millimètres reste négligeable…

Choisir un boitier adapté

Mon premier boitier modifié pour la pratique de la photographie infrarouge fut un Canon 400D, soit l’entrée de gamme des réflex numériques de l’époque. Sa résolution limitée et l’absence de visée liveview m’ont très vite limité, m’amenant à faire modifier un Canon 50D. Après un passage éclair par le Canon 7D, j’ai finalement acquis un Canon 6D avec lequel j’ai réalisé mes premières séries majeures, dont Paris Invisible et dernièrement BRUT.

Depuis 2019, j’ai sauté le pas de l’hybride en acquérant le Canon RP et en le faisant modifier pour l’infrarouge et l’ultraviolet par Kolari Vision.

Cet historique montre ma fidélité à la marque rouge, pour des raisons d’ergonomie et surtout de capteur : en effet, les capteurs conçus par Canon ont une sensibilité accrue dans les rouges et dans l’infrarouge proche. De plus, il a été observé chez certaines marques comme Nikon et Sony (fournissant Nikon en… capteurs !) des effets indésirables comme du banding ou des artefacts. Kolari Vision a eu la bonne idée de tester les boitiers les plus récents pour évaluer leur aptitude à photographier dans l’infrarouge. Et Canon et Fuji s’en sortent les mieux, Fuji ne proposant en revanche que le format APS-C (et un petit moyen-format, mais ce n’est pas le même budget).

Depuis l’arrivée, tardive, de Canon dans le secteur des appareils hybrides, j’ai donc opté pour un Canon RP pour remplacer mon vieux 6D. Ce modèle est à mes yeux le meilleur choix actuel pour pratiquer la photographie infrarouge dans les meilleures conditions :

  1. Il est compact et léger, comparé à un boitier réflex de la gamme 6D ou 5D.
  2. Il dispose d’un viseur électronique, le must pour conserver une visée confortable une fois le filtre infrarouge vissé devant l’objectif et avoir un aperçu direct du rendu.
  3. Il permet d’adapter toutes les montures existantes sans complément optique, notamment les gammes Canon FD et Konica Hexanon.
  4. Il ne souffre pas de fuite de lumière IR interne.
  5. Son capteur plein-format de 26MP est un bon compromis entre résolution et poids des fichiers numériques.
  6. Son prix est parmi les plus abordables des plein-formats actuels.

En bref, compte tenu des limitations matérielles propres à la photographie infrarouge, le Canon RP est le candidat idéal pour qui recherche un boitier léger, performant et polyvalent.

Appareil photo numérique Canon RP modifié pour l'infrarouge et l'ultraviolet et utilisé par le photographe Pierre-Louis Ferrer dans son équipement idéal .
Canon RP et SMC Takumar 35mm F/3.5 VS Canon 6D et 16-35 F/4 IS

Choisir sa gamme optique

Si trouver le boitier idéal pour la photographie infrarouge fut assez simple, cela n’a pas été le cas de la gamme optique. Heureusement, de nombreux sites permettent de limiter son choix en fournissant des listes d’objectifs ne souffrant pas de hotspot. C’est notamment le cas de Kolari Vision et d’Edward Noble, dont les tests sont très pointus.

Toutes ces informations ne m’ont pas empêché d’investir dans de nombreux objectifs plus ou moins performants au cours des années avant de trouver les heureux élus (les autres étant revendus à bon prix). Une remarque qui peut paraître évidente : les objectifs les plus récents, disposant de traitements optiques derniers cris, sont les moins enclins à la pratique de la photographie infrarouge et souffrent pour la plupart de hotspots.

Face à ce constat, l’offre des objectifs argentiques d’occasion se veut une solution bon marché et qualitative, bien que n’assurant pas à 100% d’une absence de hotspot. Pour mon utilisation, j’ai opté pour la gamme SMC Takumar d’Asahi (devenu Pentax). Ces objectifs en monture M42 sont extrêmement compacts et très bien construits. Les réglages d’ouverture et de mise au point sont manuels, ce qui n’est pas un problème avec le focus peaking couplé au viseur électronique du Canon RP. Les deux modèles les plus intéressants pour mon usage sont le SMC Takumar 35mm F/3.5 et le SMC Takumar 85mm F/1.8. Leurs performances optiques dans l’infrarouge sont très bonnes et leurs ranges complémentaires permettent de traiter un grand nombre de sujets, de la photo de rue à la photo de portrait en passant par la photo de paysage.

J’aurais adoré y ajouter le SMC Takumar 24mm F/3.5, malheureusement les grands angles argentiques souffrent pour la plupart d’un effet de halo en infrarouge et sont sujets à des décentrements de lentilles impactant la netteté sur les bords de l’image.

Pour des sujets nécessitant un angle de vue plus grand, j’utilise le Canon EF 16-35mm F/4 IS. Bien que de conception récente, cet objectif dispose de bonnes performances en infrarouge, principalement sur le range 24mm – 35mm jusqu’à F/9. Le range 16mm – 24mm est à réserver aux domaines supérieurs à 695nm.

Cimetierre américain de Suresnes et alignement des croix blanches des tombes. Photographie infrarouge, aérochrome numérique, réalisée par le photographe Pierre-Louis Ferrer, spécialiste en photographie dans l'ultraviolet et l'infrarouge.
Canon RP et 16-35 F/4 IS @ 24mm

Récapitulons

Mon équipement idéal pour la pratique de la photographie infrarouge se compose d’un Canon RP full-spectrum pour la partie boitier ; des SMC Takumar 35mm F/3,5, SMC Takumar 85mm F/1.8 et Canon EF 16-35mm F/4 IS pour la partie objectifs. Cette configuration me permet de traiter tous les sujets adaptés au rendu infrarouge : paysage, architecture, portrait et photo de rue.

Canon RP, SMC Takumar 35mm F/3.5 et 85mm F/1.8 composant l'équipement idéal de Pierre-Louis Ferrer, présenté dans un article de blog.
Canon RP, SMC Takumar 35mm F/3.5 et 85mm F/1.8
Pour aller plus loin

A travers mon savoir-faire dans le domaine de la photographie de paysage, associé à ma maitrise de la technique de photographie en infrarouge, je m’inscris comme photographe spécialiste de l’illustration du patrimoine naturel et végétal. De même, j’encadre des initiations individuelles à la photographie infrarouge auprès des photographes de tous niveaux. Découvrez les offres associées en cliquant sur les liens correspondants ci-dessous :

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9 réponses

  1. Bonjour,

    Je souhaite me lancer dans l’expérimentation de la photo infrarouge et après m’être abreuvé d’heures de tutos sur le sujet, je m’interroge sur un point qui me fait dire que je n’ai pas compris ou qu’un élément m’a échappé.

    J’ai cru comprendre qu’avec un APN défiltré en Full Spectrum, l’utilisation de filtres IR est quand même nécessaire.
    Ais-je bien compris ?
    Dans l’affirmative, sont-ce les mêmes filtres IR que pour un boitier standard non défiltré ?
    Toujours dans l’affirmative, qu’elle est alors l’avantage, pour la photo IR, du défiltrage Full Spectrum par rapport à un appareil standard si l’usage de filtres est nécessaire dans les 2 cas.
    Merci d’avance et beaucoup pour les réponses.
    Cordialement.
    Pierre

    1. Bonjour Pierre,

      En effet, le défiltrage full-spectrum redonne son entière sensibilité spectrale au capteur, et pas seulement dans les infrarouges : le visible et les UV sont aussi de la partie. Il convient donc, une fois cette modification effectuée, d’utiliser un filtre infrarouge dont l’effet passe-haut ne conservera que la portion d’IR qui nous intéresse.

      Dans le cas d’un appareil non-défiltré, le filtre anti-infrarouge placé devant le capteur rend la pratique de cette technique très difficile et limitée à seulement une référence de filtres (720nm).

      L’étape de défiltrage permet alors de retrouver une sensibilité optimale du capteur dans les infrarouges et de pouvoir utiliser toutes sortes de filtres plus ou moins sélectifs, offrant des rendus allant du blanc au jaune ou au rouge pour la végétation.

  2. Bonjour et merci pour votre article.
    Je souhaite vous demander conseil pour m’équiper en vue de la Photo IR. Aussi je me demandais si vous conseillez de défiltrer entièrement et d’ajouter un filtre sur le capteur avec une certaine longueur d’ondes ? Ou bien si c’est mieux de défiltrer en full spectrum et de mettre des filtres externes sur l’objectif ? Et si oui lesquels ? Merci d’avance pour votre réponse.
    Capy

    1. Bonjour,
      Désolé du délai de réponse, je rentre juste de vacances ! Pour moi, la solution la plus polyvalente est d’opter pour un défiltrage full-spectrum et de venir ensuite visser des filtres infrarouges à la longueur d’onde souhaitée devant vos objectifs. Vous avez ainsi une grande latitude ans les rendus infrarouges possibles. Pour les filtres, vous avez le choix des marques, je vous invite à lire cet article qui présente les différents rendus : http://infrarouge.photo/2015/09/16/le-comparatif-des-filtres-ir/

    1. Bonjour Raphaël, la photographie infrarouge étant un marché de niche et très exclusif en terme d’équipement, aucune enseigne à ma connaissance de permet de louer un tel matériel. D’autant qu’au-delà du boitier s’ajoutent les filtres, les objectifs compatibles et la maitrise du post-traitement. Le moins onéreux actuellement est de se reporter sur les appareils d’occasion proposés par certains services de conversion, comme EOS for Astro : https://www.eosforastro.com/astro-photographie/occasions

  3. Bonjour,

    Je ne comprend pas… On ne voit pas des choses « invisible » qui étaient fait de lumière UV,
    mais juste un remplacement de couleur. Comme avec l’iPhone, ou PhotoShop. Le vert serra ROUGE,
    ou le jaune sera présent et le reste en N&B….

    1. Bonjour Damien,

      Pas du tout : en photographie infrarouge et UV, on va capter un signal invisible à l’œil nu et l’interpréter dans le domaine visible. Il ne s’agit en aucun cas d’une inversion sélective de couleurs. La répartition des couleurs et des contrastes dépend des propriétés optiques des matériaux aux rayonnements IR et UV, que l’on ne perçoit pas, et non à une colorisation sélective comme l’on peut en réaliser sous divers applications, et dont les résultats souvent médiocres n’ont aucune interprétation physique. Il est également possible de voir à travers certains matériaux, ou au contraire les voir devenir opaques suivant leurs propriétés à réfléchir ou transmettre ces longueurs d’onde.

      Un peu de lecture pour mieux comprendre :
      https://www.plferrer.photos/photographie-infrarouge/
      https://www.plferrer.photos/photographie-uv/

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