Exposition et dynamique

Révélez tous les détails de vos images

Ce tutoriel vous présente trois méthodes d’exposition d’une scène à grand écart de luminosité. La plage dynamique d’un capteur renseigne sur l’écart maximal d’intensité lumineuse que celui-ci peut capter. Elle s’exprime communément en Indice de Lumination (IL). Les capteurs de réflex actuels offrent une plage dynamique allant de 12IL à 14IL, contre 24IL pour l’œil humain. Certaines scènes à grand écart de luminosité, par exemple des contre-jours, nécessitent donc de choisir correctement sa méthode d’exposition afin d’enregistrer le maximum d’informations lors de la prise de vue. Même si le rendu brut ne retransmet pas la scène telle que vous pouvez l’observer, la dynamique de celle-ci est ensuite récupérable en post-traitement.

Remarque : il est indispensable dans ces conditions d’utiliser systématiquement le format RAW, qui vous assure d’avoir accès à l’intégralité des informations enregistrées sur votre capteur.

Méthode 1 : exposition dans les hautes lumières (HL)

La méthode d’exposition HL consiste à effectuer la mesure d’exposition dans les parties les plus claires de l’image afin d’éviter les zones cramées. En contre partie les zones sombres risquent d’être bouchées si la scène a un écart de luminosité trop important. La photo suivante illustre ce phénomène :

Dans cette scène, le premier plan est fortement sous-exposé tandis que le ciel, sur lequel a été faite la mesure d’exposition, est correctement exposé. L’histogramme nous indique néanmoins que l’ensemble des informations est bien présent dans le fichier.

Un éclaircissement des tons sombres doit donc être réalisé pour retrouver la dynamique de la prise de vue. Différents outils sont utilisables pour cela, et présents dans la majorité des logiciels de développement RAW. L’image finale obtenue est la suivante :

Méthode 2 : exposition dans les basses lumières (BL)

Cette méthode est l’opposé de la méthode d’exposition dans les HL : ici la  mesure d’exposition s’effectue dans les parties les plus sombres de l’image afin d’éviter les zones bouchées. En contre partie les zones claires risquent d’être cramées si la scène a un écart de luminosité trop important. La photo suivante illustre ce phénomène :

Dans cette scène, le premier plan est exposé correctement tandis que le ciel est en partie cramé. Cela est confirmé lors du développement :

Si l’on reprend l’analogie avec l’exposition dans les HL, il faudrait assombrir les tons clairs avec l’outil logiciel dédié. Personnellement j’opère autrement : je diminue l’exposition globale de la photo jusqu’à obtenir une exposition correcte du ciel, puis j’éclaircis les tons sombres de la même manière qu’avec la méthode 1 :

L’image finale obtenue est la suivante :

Méthode 3 : fusion d'expositions (DRI)

Cette dernière méthode utilise plusieurs expositions d’une scène et les fusionne afin d’augmenter la dynamique de la photo. Pour la scène qui nous intéresse depuis le début de cet article, trois expositions ont été réalisées : une exposition de base (centre), une sous-exposition (gauche) et une surexposition (droite).

En utilisant des masques de luminosité, les zones trop sombres de la photo de base vont être remplacées par les mêmes zones de la photo surexposée, et les zones claires par les mêmes zones de la photo sous-exposé. L’image finale obtenue est la suivante :

Conclusion :

Si les trois méthodes semblent offrir un rendu équivalent en terme de dynamique, une comparaison à 100% de chaque résultat nous renseigne plus précisément :

Si les trois méthodes semblent offrir un rendu équivalent en terme de dynamique, une comparaison à 100% de chaque résultat nous renseigne plus précisément :

  1. A gauche, une coupe de la méthode HL : l’éclaircissement des zones sous-exposées lors de la prise de vue a généré du bruit impactant le piqué et les teintes de la photo. En effet la plupart des capteurs photo génère beaucoup de bruit dans les basses lumières (signal faible), ce bruit devenant visible lors de leur éclaircissement.
  2. Au centre, une coupe de la méthode BL : l’éclaircissement des zones sous-exposées en post-traitement n’a pas généré de bruit puisque ces zones ont été correctement exposées lors de la prise de vue.
  3. A droite, une coupe de la méthode DRI : la zone n’est pas bruitée car elle est issue d’une exposition correcte lors de la prise de vue.

De plus, le résultat de la méthode DRI présente des « ghosts » car certains éléments en mouvement de la scène (voitures, piétons) ne sont pas présents de la même façon sur les trois expositions.

Au final, la méthode BL apparait être la méthode la plus sûre pour gérer des scènes à fort écart de luminosité. Gardez seulement à l’esprit que cette méthodes est limitée par la dynamique de votre capteur, et qu’elle vise à reproduire une scène cohérente (un contre-jour restera un contre-jour, mais avec d’avantage de détails). La méthode DRI permet en théorie de gérer de plus grands écarts de luminosité, mais son utilisation est principalement dédiée aux scènes statiques (paysages, architecture) et doit être dosée avec parcimonie pour ne pas obtenir un résultat trop plat.

Pour aller plus loin

Vous souhaitez utiliser certaines des photographies de cet article à des fins d’illustration ou d’exploitation commerciale (en-dehors des photographies incluant les œuvres d’autres artistes) ? Je vous invite à me contacter directement en me présentant vos besoins et le type d’illustration concerné. Je me ferai un plaisir de revenir vers vous dans les plus brefs délais avec une offre commerciale adaptée.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.