Critique niveau zéro

Bien critiquer pour bien progresser

La critique semble une tâche simple et assez confortable vis à vis du sujet dont elle est la cible. Si critiquer « par principe » est effectivement accessible à tous, l’emploi de la critique constructive est plus ardu et surtout plus bienveillant qu’il n’y parait. L’occasion d’évaluer le potentiel et l’intérêt d’une plateforme communautaire majeure pour la critique photo : Facebook.

La théorie de la critique en photographie

La progression en photographie repose sur différents paramètres : l’apprentissage technique, la pratique, l’investissement matériel ou encore la présentation de ses photos à la critique. En effet, selon moi, la remise en question et la prise de recul régulières sur son travail permettent au photographe de prendre conscience des points forts et des points faibles de sa pratique photographique. L’un des moyens les mieux adaptés pour y parvenir est, en théorie, de soumettre ses photos à la critique. Le photographe serait alors assuré de recevoir un avis extérieur objectif visant à lui donner des pistes de progression.

Cette logique fonctionne bien sur les forums dédiés à la photographie. En effet, ces forums offrent un classement des photos et des sujets permettant une orientation des critiques par affinité thématique et un archivage des problèmes et questions techniques posés (et donc des réponses associées). L’esprit communautaire est fortement développé et permet au fil du temps de connaitre ses interlocuteurs voire de les rencontrer pour échanger directement sur les pratiques photographiques de chacun.

Facebook : le niveau zéro de la critique

Ce modèle souffre actuellement d’un concurrent de taille : Facebook. Et plus précisément les groupes de critique photo que l’on y voit naitre. J’ai effleuré dans un précédent article l’impact de Facebook sur la pratique de la photographie. Je vais ici aller un peu plus loin dans ma réflexion. Au fil du temps, Facebook s’est révélé un très bon outil de promotion et de mise en avant des photographes, tous niveaux confondus, en offrant une visibilité accrue de leur travail. Le partage de masse est devenu la norme, où la quantité de « like » prend le pas sur la qualité des échanges.

Cela est d’autant plus frappant sur les groupes de critique photo, dont l’essence se voit vidée par la guerre des égos et la course au « like ». J’ai personnellement intégré deux groupes de critique « privés » il y a quelques mois, en qualité d’observateur afin d’estimer la valeur ajoutée de leur fonctionnement. Je fais par ailleurs parti d’un club photo où je participe régulièrement, je n’ai donc aucun problème à présenter mon travail à la critique si je sais que celle-ci sera constructive.

Sur le papier, ce sont des milliers de membres en face desquels je peux présenter mon travail, une mise en page des sujets assurant une efficacité des critiques et une limitation des sujets journalière ou hebdomadaire pour une meilleure lisibilité. En pratique, malheureusement, le modèle Facebook prend le dessus.

Tout d’abord, l’individualisme règne en maitre. La volonté de mettre ses photos en avant prend souvent le dessus sur la recherche de critique constructive. Cela se ressent par exemple par le mal que se donnent certains photographes pour justifier un choix technique ou artistique qui ne convainc qu’eux. Ou encore par la capacité d’autres photographes à se braquer à la discussion, car inconsciemment pour eux Facebook est un lieu de promotion et non de remise en question. Cet individualisme s’explique également, je pense, par le fait que les photos sont déversées au même endroit, sur un fil où chaque nouveau sujet posté diminue la visibilité des précédents. Ce fonctionnement accroit la volonté des photographes de « remonter » leurs photos par tous les moyens, pour être visibles le plus longtemps possible.

Ensuite, il est très compliqué de suivre les photographes membres de ces groupes. Le roulement des membres est élevé, et il est rare d’obtenir une critique régulière des mêmes personnes, sauf à avoir d’autres amis dans le groupe. La progression du photographe lambda est alors difficile à estimer.

Enfin, je serais mauvaise langue si j’éludais les membres en vraie recherche de critique. Ceux-là sont en général débutants et amateurs, et souhaitent sincèrement progresser. Le problème principal qu’ils rencontrent est l’indifférence face à leurs photos car celles-ci contrastent trop avec la qualité des photos postées par les photographes expérimentés, qui capitalisent la majorité des commentaires et restent en tête de fil. Sur un forum photo, ces membres trouveraient des sujets pour apprendre les bases de la photo et dépasser leurs lacunes techniques, ainsi qu’une communauté dont l’état d’esprit assure une plus grande patience avec les débutants.

En conclusion, je ne jette pas la pierre sur ces groupes de critique : leur existence part d’une bonne volonté, celle d’appliquer un modèle ayant fait ses preuves à une plateforme plus riche en profils et en expériences. Le principal problème qui ressort ici est la mentalité individualiste que Facebook a insufflée au fil du temps aux photographes, et qui pervertit le fonctionnement de ces groupes de critique. La critique constructive demande du temps et une volonté de transmettre et d’aider, qualités qui m’apparaissent de plus en plus incompatibles avec Facebook.

Pour aller plus loin

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